La motoneige est le véhicule récréatif le plus saisonnier qui soit : elle travaille dur pendant huit à douze semaines, puis dort le reste de l'année. Son entretien ne se raisonne ni comme celui d'une moto, ni comme celui d'un VTT.
L'axe d'usage : kilomètres, et parfois heures
La plupart des constructeurs de motoneige jalonnent leur calendrier en kilomètres, avec une échéance calendaire en parallèle. Certains modèles utilitaires et certains moteurs se suivent aussi en heures.
Le point à retenir pour construire un plan : il faut prendre l'axe du manuel du modèle, pas un axe unique appliqué à tout le catalogue. Un plan qui demande le kilométrage d'une machine dont le constructeur compte en heures pose une question à laquelle le client ne peut pas répondre — et l'échéance calculée sera fausse.
Ce qu'un calendrier de motoneige contient typiquement
Selon le modèle et la motorisation — deux temps ou quatre temps — on retrouve :
- la vidange et le filtre à huile sur les moteurs quatre temps ;
- le circuit d'huile à injection sur les deux temps ;
- les bougies ;
- l'huile de carter de chaîne, et la tension de chaîne ;
- le liquide de refroidissement, avec son échéance calendaire propre ;
- l'inspection et le graissage de la suspension avant et arrière ;
- l'alignement des skis et l'état des lisses ;
- l'inspection du système de freinage et le liquide de frein ;
- la tension et l'alignement de la chenille ;
- l'inspection de la courroie d'entraînement et des poulies.
La frontière entre entretien et usure
C'est sur la motoneige que la distinction est la plus visible, et il faut la tenir fermement.
Les glissières (hyfax), les lisses de skis (carbides), la courroie, la chenille et les plaquettes sont des pièces d'usure. Elles se remplacent quand elles sont finies — ce qui dépend du terrain, de la conduite et de l'enneigement, pas d'un jalon du calendrier.
Un plan d'entretien couvre leur inspection, pas leur remplacement. Inclure une paire de glissières dans un prix fixe, c'est parier sur la façon dont le client conduit. Ces pièces se vendent au comptoir, quand elles sont réellement à changer — et la visite d'entretien est justement l'occasion de les vendre.
Pourquoi l'inspection annuelle est décisive ici
Une motoneige qui a peu roulé n'est pas une motoneige en bon état.
L'essence se dégrade dans le réservoir et le circuit d'alimentation. Les joints et les durites sèchent. La batterie se décharge. L'humidité travaille sur le châssis et les composants électriques. Un ressort de suspension immobilisé huit mois ne se comporte pas comme neuf au premier départ.
C'est pourquoi un plan sérieux impose au moins une inspection par année de contrat, même si le kilométrage n'a pas été atteint. Un client qui n'a fait que 300 km dans une saison faible en neige a quand même besoin qu'un technicien regarde sa machine avant l'hiver suivant.
Ce que ça implique pour la concession
La motoneige est le cas où le prépayé sert le plus l'atelier, pour une raison simple : c'est là que le creux de saison est le plus profond.
Un entretien de fin de saison vendu d'avance peut être planifié en avril, en mai ou en juin — au moment où l'atelier a de la place. Le client ne perd rien, l'atelier gagne des semaines de travail dans sa période creuse, et la machine passe l'été dans un état connu.
C'est exactement le mécanisme décrit dans remplir le carnet de l'atelier.
Construire le plan
Trois paramètres définissent le plan proposé au client :
- le nombre d'entretiens couverts, qui suit les jalons du calendrier du modèle ;
- le plafond de validité : 24, 36 ou 48 mois, ou un kilométrage — au premier atteint ;
- le prix, qui est la somme des visites : votre temps d'atelier à votre taux, plus les consommables à vos prix.
Le principe général et le calcul du prix sont détaillés dans le plan d'entretien prépayé expliqué.